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Ils ont créé un festival musical en 10 jours

Et sans aucune aide extérieure.

Un matin, Deo et son collectif Truth Be Creative, ont pensé à créer un festival à Charleroi, « une ville où il n’y a rien ». Dix jours plus tard, le Black Land Festival était né. Et si le « 6 » – nom donné à Charleroi en lien avec son code postal, le 6000 – devenait le prochain endroit hype du monde urbain ?

WHITE TEES : D’où vous est venue l’idée folle de créer un festival en 10 jours ?

Deo : C’est une idée que j’ai eue avec Didy, mon ami et associé. On est des fonceurs. On a donc voulu qu’elle se concrétise tout de suite alors qu’on n’avait rien, même pas une page Facebook. On a pris le soin de contacter Krisy, Nixon et les services publics locaux et le tour était joué. Par contre, on avait demandé à la ville de Charleroi plusieurs choses qui n’ont pas été respectées.

Comme quoi ?

La taille de la scène était beaucoup plus petite que prévue ; le service de sécurité n’a pas été assuré ; plein de petites choses comme ça.

« En plus, on a tout investi de notre poche, sans aucune aide financière. Mais quoi qu’il en soit, le festival était très cool. »

Et c’est encourageant pour la suite.

Oui, on travaille déjà sur la deuxième édition qui aura normalement lieu à la rentrée en septembre.

Le message envoyé est inspirant. Vous montrez que oui, on peut développer des business en Belgique, peu importe le statut social, la couleur de peau ou les croyances.

Cest sûr, chaque matin, quand je me réveille, je me dis que c’est l’occasion de créer de nouvelles choses, on n’a pas envie de subir notre vie. On est d’ailleurs au conseil communal de la ville pour donner notre avis et faire bouger les choses au niveau politique.

« On vient de Charleroi, une ville où il n’y a rien. Donc l’ambition de créer est grande. »

Et cette ambition s’étend aussi au-delà de la création d’événements festifs.

Oui, on veut aussi mettre sur pied un système de bourse pour les jeunes qui veulent aller se former à l’étranger, dans le but de revenir ici ensuite pour partager cette expérience et créer des business. On ne s’arrête pas qu’à la fête. En plus, certaines personnes pensent que parce que tu crées des événements festifs, tu es forcément un « débauchard ». On montre que ce n’est pas le cas.

Sinon, c’était quoi l’idée du festival ?

Il s’appelle « Black Land Festival », un clin d’oeil à Charleroi que l’on appelle « Pays Noir ». Le but était de divertir la jeunesse, la rassembler, leur dire de venir même s’ils n’ont pas forcément les moyens de dépenser beaucoup d’argent, etc.

Que penses-tu penses de ta ville ?

Charleroi, ça va mal. Les gens ont pensé qu’avec l’arrivée de Rive Gauche (NDLR : Le nouveau centre commercial carolo) tout allait changer. Mais c’est faux. C’est un mieux, mais c’est toujours les mêmes personnes qui décident. C’est à nous, les jeunes noirs, blancs ou autre, tous ensemble, de créer notre futur. Même si on influence seulement 10 ou 15 personnes, ce sera déjà une réussite.

Retrouvez le Black Land Festival ici

Crédits

Thomas Hadji
Gandhi « Rifa » Lokondo
Léopold Darcheville
#éliteurbaine