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Qui est Vehika, le phénix du rap belge ?

Un « rookie » avec une solide expérience.

A 26 ans, Vehika fait office « d’ancien » dans le rap game belge. Pourtant, le grand public ne le connaît pas encore. Proche de la Smala, Caballero ou encore Nekfeu, il y a quelques années, il avait dû se retirer de la musique, stoppant ainsi son évolution. Entre temps, ses anciens camarades de jeu ont pris un train qui roule à toute allure. Lui, remet seulement la machine en route. Son premier arrêt se fera au Botanique, le 31 janvier.

Pourquoi avoir sorti un album maintenant ?

C’est le format d’un album mais je vois ça comme une grosse mixtape. J’avais beaucoup de morceaux à sortir donc c’était le bon plan.

Tu avais beaucoup de choses à dire ?

J’ai fait une longue pause. J’avais besoin de ressortir tout ce que j’avais en moi.

Pourquoi tu as fait une pause ?

Un gars de mon équipe est décédé. Je n’avais plus la tête à la musique.

Comment tu t’y es remis alors ?

Je n’ai jamais arrêté d’écrire et d’enregistrer. Je gardais simplement tout pour moi mais l’amour du rap était plus fort.

Fin 2011, tu as fait un featuring avec Nekfeu et Caballero.

Et c’est à ce moment-là que mon ami est décédé. Ca m’a stoppé dans mon élan.

Tu as gardé des contacts avec tous ces gens-là ?

Pas vraiment. Les choses ont beaucoup évoluées et on s’est perdu de vue.

Tu as dit que tu avais perdu des potos pour le rap.

J’ai dit ça moi ?

Oui, dans un post Facebook.

Quand tu as une vision et des objectifs, que t’es absorbé par ta passion, il faut être en phase avec les gens qui t’entourent. Ils peuvent te prendre pour un fou car ils ne sont pas dans le même délire. Il faut alors s’en éloigner.

Comment faire pour bien s’entourer du coup ?

Il faut prendre les bonnes décisions et savoir où tu veux aller.

Tu as aussi dit : « Que des morts-vivants dans cette société »

J’ai dit ça moi ? Ahah, non, j’déconne. C’était pour dénoncer cette société dans laquelle on est un peu enfermé. Il faut essayer de s’émanciper de toutes ces cases mais ça reste difficile.

« On arrive vite à 30 piges sans n’avoir vraiment rien vécu »

T’étais dans le rap game belge en 2012 et tu reviens en 2019.

Tout a changé depuis cette époque.

En quoi ?

On rêvait de faire de ce game un vrai business. Maintenant, c’est une réalité. Ce qui rend les choses peut-être moins spontanées.

Les artistes sont moins spontanés ?

Beaucoup de jeunes artistes, en Belgique, veulent faire du rap pour gagner de l’argent ou être célèbres.

« J’essaie de garder ma spontanéité du début tout en sachant que c’est un business. Faut jouer avec les codes. Et c’est très bien. »

Tu penses quoi de cette évolution ?

Je trouve ça super, ça a créé de la concurrence et ça pousse les artistes à faire de la qualité. Rien qu’à Bruxelles, il y a un vivier de fou.

T’aimes la compétition ?

Oui, mais la compétition saine.

« J’suis dans un délire de sportif américain. Si certains l’ont fait, pourquoi pas nous ? »

Merci à toi.

Merci à vous !

Crédits

Thomas Hadji
Gandhi « Rifa » Lokondo