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Sofiane Pamart et Scylla, pour un voyage sur la lune

Quand un rappeur et un pianiste se rencontrent et sortent une oeuvre commune.

Avec « Pleine lune », Scylla et le pianiste Sofiane Pamart nous livrent un album empli de sincérité et de sensibilité. La collaboration, « évidente » selon leurs propres mots, fonctionne parfaitement. Rencontre astrale avec les deux artistes.

Entre Scylla et Sofiane Pamart, l’alchimie a immédiatement eu lieu. À l’origine, le rappeur belge était invité au programme « En résidence » du pianiste. Le concept est simple : un piano et un rappeur. Sadek, Seth Gueko, S-Crew et bien d’autres y ont participé.

Scylla est le seul artiste avec qui Sofiane travaille en préalable à l’enregistrement. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Au contraire. Le feeling passe tellement bien entre les deux hommes qu’ils annulent la séquence normalement prévue. Mieux, ils prévoient un album commun ! « C’était une évidence », confie Sofiane. De cette collaboration sort « Pleine lune », un projet « entre rap et chanson française s’il fallait lui donner une étiquette », précise Scylla. Pour celui-ci, travailler exclusivement avec un piano est une grande découverte… et un nouveau travail.

Moi je suis un rappeur, j’ai tendance à modifier certaines choses, à en rajouter d’autres… Avec seulement un piano et une voix, tu n’as aucun artifice. Le défi est de savoir comment tu vas décliner le piano et la voix. J’avais déjà un peu chanté, mais je n’ai jamais été aussi loin dans la prise de risque. J’ai fait confiance à Sofiane, et après l’écoute des 12 titres, je ne voyais rien à rajouter.

Le piano pour respirer

Et pourtant, les deux artistes se sont conseillés tout au long de la création de « Pleine lune ». « Pour chaque morceau, c’est une histoire unique, il y a eu des allers-retours. On se conseillait beaucoup. On voulait amener l’autre dans notre univers respectif », explique Sofiane. Scylla ajoute : « Au contraire des prods de rap où tu veux kicker chaque mesure, j’ai dû apprendre ici à laisser respirer les textes, laisser parler Sofiane. Parfois, le piano est beaucoup plus éloquent que les mots. »

Deux tracks de l’album (« Nakama » et « Constellations ») laisse d’ailleurs exclusivement à Sofiane le temps de faire parler son talent. « Cela crée du relief, on enlève la voix et ça permet des respirations tout au long de l’album, surtout avec l’écriture très dense de Scylla », explique-t-il. Le contraire, une piste a cappella de Scylla, bien qu’il y ait pensé, ne s’est pas faite.

Je n’ai jamais eu une évidence de texte pour le faire, tout simplement.

Pour la création de l’album, les deux artistes, accompagnés de leur manager Guillaume, se sont retirés plusieurs mois dans une maison à la pointe de la Bretagne. « On était dans une maison dans un coin perdu. On était à l’abri de toute interférence, on a pu se concentrer au maximum sur nos créations et nos émotions, tout en faisant des breaks avec une vue magnifique. La Bretagne, c’est un endroit à la fois poétique et très brut. C’est étrangement lié à notre univers », raconte Sofiane.

Un univers totalement perceptible à travers les 12 pistes de « Pleine lune ». Et un titre qui « invite au voyage. Tout le monde aimerait y être sur la lune », conclut Scylla.

ÉCRIT PAR LEOPOLD DARCHEVILLE, ASSISTÉ PAR ANTHONY TORRES. PHOTOS PAR THOMAS HADJI / © 2019, WHITE TEES