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Qui sont les nouvelles « bad bitchs » du rap américain ?

Megan Thee Stallion & Renni Rucci.

Elles sont provocantes, trash, sexy, arrogantes et le revendiquent complètement. Elles s’appellent Renni Rucci et Megan Thee Stallion, appartiennent à cette nouvelle vague de « rappeuses-instagram » et elles vont vous charmer.

Reni Rucci

Elle est clairement l’une des valeurs montantes du rap américain. L’artiste originaire d’Irmo (Caroline du Sud) vient d’ailleurs de signer chez Quality Control, le même label que Migos ou encore Cardi B. Plus récemment, c’est avec Lil Yachty qu’elle a enregistré un son qui vient tout juste de sortir.

Au premier abord, les clichés pourraient nous laisser penser qu’il s’agit simplement d’une strip-teaseuse lambda mais, derrière ce costume, se cache une vraie conquérante, prête à tout pour sa carrière et ses enfants.

Le père de mes enfants rappait un peu. Je devais avoir 15 ou 16 ans quand j’ai décidé d’écrire un petit truc avec lui. C’était bien mais il a ensuite été en prison et j’ai laissé tombé ça

Mère afro-américaine, père irlandais, Courtney Rene – de son vrai nom – est métis et a du mal à le vivre dans une ville américaine très conservatrice. Victime de racisme anti-blanc et anti-noir, la jeune artiste ne trouve pas sa place dans une Amérique divisée. Ce n’est qu’après un déménagement à Columbia (toujours en Caroline du Sud) qu’elle commence à assumer son identité et s’investir dans la musique sérieusement.

Je suis une maman, j’ai deux enfants et je travaille pour les nourrir. Je ne pouvais pas me concentrer sur la musique, c’était cher et ça prenait beaucoup trop de temps. Et de toute façon, je voulais que mes enfants ne manquent de rien

Mais elle réussi à économiser suffisamment pour pouvoir investir son temps et son argent dans sa passion pour la musique. Et après plusieurs remix de Cardi B, c’est avec une reprise du son de Kodak Black – Roll In Peace – que sa notoriété explose.

Renni jongle parfaitement entre deux mondes qui peuvent être complémentaires : être maman et rappeuse. Elle a d’ailleurs bien déterminé l’éducation à donner à ses enfants : « Ils ont 7 et 9 ans et sont dans une écoles à majorité blanche. Je n’ai pas fait ça pour les enlever de leur culture ou de leur identité mais plutôt parce que dans les quartiers ghettos, le système d’éducation est mauvais ».

Megan Thee Stallion

A tout juste 22 ans, la jeune étudiante (oui, oui !) originaire de Houston est arrivée dans le game en 2016. A l’époque, elle se fait rapidement connaître dans sa ville texane avec quelques premiers clips sexy. Très provocante, la H -town hottie (la chaudasse de Houston) n’hésite pas à exhiber ses généreuses formes et à rapper : « Ride on the dick how I dance, your bitch only fuck on her back » ou encore « I told that nigga, ’’eat this pussy like your mama made it’’ ».

Mais derrière cette apparence décomplexée qui peut paraitre superficielle, se cache une artiste avec un flow très varié et très travaillé et, surtout, un message intéressant : « J’ai confiance en moi et en ma musique et j’ai vraiment envie que les gens qui m’écoutent gagnent également en confiance ».

I love myself but niggas say I’m hard to deal with. I’m still hotter than them hoes that you chill with

Plus que de la confiance, Megan veut absolument valoriser les femmes à sa manière, toutes les femmes : « Nous faisons tourner le monde. J’ai envie de rapper fort et dire aux femmes de faire des choses pour les femmes, pour qu’on soit aussi autonomes qu’eux – les hommes – ».

ÉCRIT PAR THOMAS HADJI / © 2019, WHITE TEES