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DJ Kool Herc, le père fondateur du Hip-Hop

Découvrez comment cet homme a inventé le Hip-Hop !

Longtemps fasciné par les toasters et selecters de sa Jamaïque natale, Kool Herc s’est approprié leur manière de faire une fois débarqué dans le Bronx, à New York. Grâce à son ingéniosité derrière les platines, il allait créer un nouveau genre musical, sans vraiment le savoir.

Tout s’est déroulé dans la salle des fêtes du 1520 Sedgwick Avenue, dans le Bronx, à New York, le soir du 11 août 1973. Clive Campbell décide de rendre service à sa sœur Cindy pour sa fête d’anniversaire : ce sera lui le DJ et animateur de la soirée. La première block party Hip-Hop de l’histoire s’annonce mémorable.

Le flyer de la première soirée Hip-Hop de l’histoire

Arrivé en 1967 tout droit de la capitale jamaïcaine Kingston alors qu’il avait 12 ans, Clive se taille rapidement un nouveau nom, de part sa carrure imposante et ses prouesses au lancer du poids et en basket-ball : Hercules. Il en garde le diminutif « Herc » pour devenir Kool Herc une fois installé derrière les platines. De son pays, il ramène la tradition des sound systems, ces façades d’enceintes qui entourent le selecter, celui qui tente d’attirer le plus de monde avec ses 45 tours.

Ce soir-là, Herc s’aperçoit que son public préfère le funk à son dancehall et reggae natals. Et plus encore, les moments où seule la rythmique des instruments, en particulier la batterie, fait vibrer les baffles. Lui vient alors l’idée de prolonger ces passages sans paroles en se procurant des vinyles identiques et en les alternant grâce à ses deux platines. Le break beat était né. Et avec lui, le rap.

La fameuse soirée du 11 août 1973 avec DJ Kool Herc derrière les platines

Kool Herc, micro en main, profite de ces moments instrumentaux pour inciter son public à danser, dédicacer les gens présents ou encore calmer les tensions. Cette démarche microphonique, ce sont les toasts des deejays jamaïcains qui l’ont inspiré. Ces derniers, longtemps observés par Herc dans les banlieues de Kingston, ont pour vocation à accompagner vocalement les selecters.

Coke La Rock, le premier rappeur

Avec le temps, produire des break beats de plus en plus sophistiqués demandait beaucoup trop d’attention et de concentration à Herc. Il décide alors de confier le micro à son ami Coke La Rock. Ayant pris pour exemple les DJs disco et leur utilisation rythmique des mots – elle-même influencée des animateurs de radio afro-américains – Coke s’empare de l’argot le plus branché pour garder le public motivé et inciter les danseurs à se lâcher. Coke La Rock est considéré comme le premier MC, mike controller ou master of ceremony. Comme le premier rappeur.

Coke La Rock, le premier MC de l’histoire du Hip-Hop

Cette nouvelle manière d’animer une block party est rapidement appropriée par d’autres. Plusieurs groupes se forment et accompagnent un DJ. Les cassettes pirates sur lesquelles les MCs vantent leurs exploits et leurs fêtes investissent rapidement les quartiers new yorkais. Jusqu’au jour où Sylvia Robinson, copropriétaire de Sugar Hill Records, trouve un intérêt commercial à cette nouvelle façon de poser les mots sur de la musique.

En rassemblant trois rappeurs amateurs, elle forme le Sugar Hill Gang. La productrice décide de revisiter le morceau « Good Times » de Chic. Un enregistrement plus tard, « Rapper’s Delight » sort en septembre 1979 et devient un tube planétaire, le disque se vendant rapidement à plusieurs millions d’exemplaires. Le grand public découvre le rap et celui-ci s’apprête à bouleverser le paysage musical.

Écrit par Léopold Darcheville
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